Paul Bougeant garde la foi: «La balle est dans le camp des Messines, mais nous ne sommes jamais à l'abri d'une surprise...»
Heureux d'être encore en lice pour le titre de champion de France, le président du Havre croit en son étoile. Demain aux Arènes, le dauphin jouera crânement sa chance, «goal-average ou pas».
Le Havre toujours en course pour le titre : cela tranche avec les saisons précédentes où la messe était dite bien avant la dernière journée... «Oui, et nous sommes ravis de ce scénario. Cette saison, nous n'avions pas prévu de rivaliser avec Metz. Cela ne faisait pas partie de notre planning. On est sur une courbe de progression ascendante. Notre v½u était d'aguerrir de jeunes éléments formés au club. Je pense notamment à Mendy, Guillerme, Manga, auteurs d'un très bel exercice. Au final, on a fait notre bonhomme de chemin et on se retrouve encore dans la course.»
Au petit jeu du goal-average, vous partez tout de même avec un handicap de quatre buts à remonter aux Arènes. La tâche ne s'annonce-t-elle pas insurmontable ? «Sur un match, tout est possible. Certes, la balle est dans le camp des Messines, mais nous ne sommes jamais à l'abri d'une surprise... Lors du match aller (11e journée, 22-26), nous avions démarré superbement. Christine Vanparys réussit une saison exceptionnelle, notre état d'esprit est irréprochable. Mon v½u est que les joueuses jouent libérées, sans pression. Car quel que soit le résultat de cette rencontre, notre saison aura été en tout point exceptionnelle.»
En début de saison, les observateurs s'accordaient à dire que Metz ferait figure d'épouvantail. Comment expliquez-vous que cette suprématie soit remise en cause ? «Je ne me permettrai pas de juger le club du président Thierry Weizman, avec qui j'entretiens de très bonnes relations. Le premier élément, c'est que le championnat s'est densifié. Cinq, six équipes ont considérablement élevé leur niveau. Et puis sans vouloir présumer quoi que soit, peut-être que Metz se situe à un tournant. Cela n'engage que ma personne, mais je trouve que ce groupe est moins fort que les saisons précédentes. Et pourtant, c'est cette année que nous réalisons nos plus mauvais résultats face à Metz !»
«Les moyens de battre Metz»
Que manque-t-il au Havre pour prendre les rênes du championnat, votre objectif avoué ? «L'expérience des grands rendez-vous et un banc plus fourni. Il nous manque une ou deux joueuses d'expérience pour rivaliser avec Metz sur le long terme. A ce sujet, on a déjà trouvé un accord contractuel avec deux éléments. L'année prochaine s'ouvrira un autre championnat et je pense que nous aurons les moyens de battre Metz. Au même titre que cinq autres équipes.»
Au-delà du sportif, votre club a également toujours un wagon de retard sur le plan financier. Vous employez-vous à réduire cet écart ? «Ce ne sont pas les finances qui font un club et une équipe. Bien sûr, je ne refuserais pas 200 000 ou 300 000 ¤ supplémentaires... Mais plus que l'argent, un véritable esprit se dégage aujourd'hui du Havre. C'est difficile de coacher et d'être le fils du président, mais aujourd'hui je pense que notre entraîneur (Frédéric Bougeant) arrive à maturité. On s'appuie également sur un excellent staff, médical notamment. Bref, notre club est structuré. On peut se tourner sur l'avenir avec ambition. Et pourquoi pas espérer dès dimanche une belle surprise car je le répète, sur un match...»
Jean-Michel CAVALLI. http://www.republicain-lorrain.fr



